Micro-verticale de Karuizawa grâce à des samples - il s'agit de premières ouvertures de samples, j'en garde suffisamment pour deux repasses ultérieures, ce sont donc là des premières impressions.
Je ne reviens pas sur les caractéristiques communes des single casks Karuizawa, entre le bois rare, les notes de sherry très prononcées, le vernis, le tabac, la prune, etc. Disons que je mets ici plutôt en évidence les différences entre les uns et les autres.
Karuizawa 1969-2012 cask 8183: on sent bien l'influence du fût de bourbon dès le nez, ce qui n'est pas fréquent chez Karuizawa, mais c'est franchement très agréable. Le palais est légèrement plus sec que ce que le nez pouvait laisser penser, mais tout ça est excellent, sans doute plus "précis" que les Karuizawa de fûts de sherry, presque plus "japonais" j'ai envie de dire. Reste que le prix de la bouteille me paraît trop élevé en regard du contenant. A moins de chercher les infimes variations karuizawesques, ma première impression est qu'on peut s'en passer pour acheter d'autres bouteilles moins chères et tout aussi excellentes.
Karuizawa 1967-2009 cask 6426: c'est la légende (merci JM!), la fameuse bouteille qu'il ne fallait pas rater à l'époque de sa sortie. Et effectivement, on atteint ici la perfection, la typicité parfaite de Karuizawa, tant au nez qu'en bouche - en 2009, il y avait encore très peu d'embouteillages de Karuizawa il me semble, j'imagine la claque que pouvait être l'arrivée de cette bouteille sur le marché. Ce qui me frappe surtout, c'est cet équilibre incroyable en bouche, une petite goutte d'eau pour libérer des notes de sherry (amontillado?) plus fruitées, un régal en bouche. Le maître étalon sans doute pour cette distillerie.
Karuizawa 1971-2013 Noh cask 1842: retour sur un fût de bourbon. Un nez très puissant, très concentré, qui laisse à penser qu'une bouteille une fois ouverte a un gros potentiel d'évolution, pour le moment encore dominé par le vernis. Pareil au palais, c'est puissant, mais ce qui me frappe ici c'est la finale, sublime, où le tabac prend le dessus, entre cigare et tabac à pipe avant allumage, puis soudain un retour de fumée, comme si on avait en même temps le goût du tabac à pipe une fois allumé, cette dualité m'a scotché je dois dire. Le verre vide, quelques minutes plus tard, libère tout d'un coup des notes fruitées inattendues.
En conclusion, trois superbes samples sur lesquels je vais refaire une comparaison pour voir si mes impressions changent.
Et une fois de plus: j'adooooore Karuizawa !
