Retour sur mon tout premier WhiskyLive...
Et bien, c'était génial. Pour le prix, j'ai trouvé ça très intéressant pour déguster un maximum de choses, découvrir une grande variété de bouteilles, du grand classique au truc nouveau / innovant. Je comprends la frustration des plus aguerris d'entre vous qui ont déjà dégusté la plupart de ce qui se fait et qui y vont pour déguster des tueries. Mais pour une personne encore relativement néophyte comme moi, ayant encore plein de lacunes sur certaines distilleries, c'était l’événement parfait.
Mon seul regret est de ne pas avoir pris les deux jours : j'ai dû faire l'impasse sur nombre de stands et n'ai pas pu mettre un pied au salon Rhum.
Et merci à ceux qui m'ont conseillé de commencer par le pass simple, c'était largement suffisant.
D'ailleurs, j'ai tendance à penser que ce genre d’événement ne permet pas vraiment d'apprécier certaines tueries : on est debout, c'est bruyant...
Compte-rendu un peu plus détaillé (ATTENTION GROS PAVÉ) :
N.B. : les conditions de dégustation et le temps limité ne m'ont pas permis de décortiquer chaque whisky et d'en faire des notes très détaillés. Dans ce CR, je me contente donc de dire ce que j'ai aimé, pas aimé, parfois en donnant des marqueurs, mais ça sera globalement limité pour ceux qui souhaitent avoir une idée très précise de comment ça goûte.
- Glendronach : je n'avais jamais goûté d'embouteillage officiel, j'ai donc fait la gamme entière : 12, 15, 21 et 18 (dans cet ordre). J'ai trouvé le
12 sans grand intérêt, un bon daily dram ; un peu déçu par le
15 (nouvelle version), j'en avais tellement entendu parler que je m'attendais peut-être à trop ; le
21 est vraiment sympa, ça se boit bien, ça parle plus ; le
18 est bien aussi. Bref, moyennement emballé a priori mais c'est sûrement parce que c'est le début du salon.
Puis, de sous le bar, le très sympa ambassadeur de Glendronach en France nous sort un
Glendronach Grandeur 24 ans, batch 09, à 48,7%. Là, on est clairement dans une autre dimension. Whisky riche et élégant. S'ensuit un petit
Glenglassaugh 30 ans, embouteillage officiel : on est dans les mêmes standards, on vole haut mais le nez est un peu au-dessus du précèdent : frais et légèrement mentholé, c'est superbe. La bouche est peut-être un peu en retrait mais c'est du très bon. Le prix en revanche (environ 1500€) devrait en décourager plus d'un.
- Vallein-Tercinier : j'étais allé les visiter il y a quelques mois, je ne me suis donc pas attardé puisque je connaissais la plupart des bouteilles présentes. J'ai quand même essayé
L'Hommage à Paul Vallein, le lot 40. On retrouve les marqueurs VT : un très beau cognac, riche et élégant. C'est délicieux mais je n'en achèterais pas une bouteille (400€). Discussion très intéressante avec la nièce de Paul Vallein. La maison VT correspond bien à ce qu'on appelle une maison familiale : son oncle l'a fondée, son mari y travaille et j'avais rencontré son neveu lors de la visite.
- RedBreast : j'ai sauté le 12 ans réduit que je connaissais déjà pour commencer par le
12 ans CS : c'est effectivement très bon. Le
Lustau qui suit souffre peut-être en termes de degrés mais il y a vraiment quelque chose d'intéressant dans ce whisky, un côté bonbon / sucré intéressant. A re-déguster hors salon. Idem pour le
21, dont j'avais entendu beaucoup de bien, et auquel j'ai trouvé un manque de relief : un nez plus porté sur le miel mais aussi plus alcooleux étonnamment.
- Method madness : parce que certaines personnes en parlaient sur le stand RedBreast, je suis passé voir cette nouvelle maison irlandaise. Leur marque de fabrique c'est de faire des finitions sur chacune de leur bouteille. Je commence par un
single malt bourbon barrels, fini en "french limmousin oak casks". C'est pas mal : c'est jeune et frais, ça se boit bien. Le
single pot still, sherry & bourbon fini en french chestnut est sympa aussi mais j'ai eu une préférence pour le
single pot still bourbon barrels, fini en virgin hungarian oak, plus porté sur les épices (il s'agit apparemment d'une édition limitée... mais déjà les deux premiers étaient des versions limitées... l'an dernier !). En résumé, une maison bien sympa, qui fait des trucs originaux, les prix sont doux (50-70€) mais je n'en achèterais pas une bouteille pour autant je pense.
- Jean Boyer : accueilli par un commercial très sympa

. Le seul Jean Boyer que j'avais bu jusqu'alors était le Laphroaig pour le forum : une quille que j'avais adorée. Je commence donc par le
Linkwood 2012 : très agréablement surpris par cette quille : un nez sympa et frais. En bouche, c'est tout aussi séduisant, un léger fumée peut-être. On continue avec
Aultmore 2009 qui est dans le même niveau de qualité, tout comme le très bon
Glentauchers 2005. L'
Auchroisk 2010 fini en porto est encore meilleur, très gourmand. Le Tormore, "bouteille conçue pour réconcilier la tourbe", est une belle découverte ; je n'avais pas besoin d'être réconcilié avec la tourbe mais je suis quand même convaincu. La bouteille suivante, leur best seller, un
tourbé du Speyside d'une distillerie secrète est bon aussi, mais je suis un peu moins séduit. En revanche le
Caol Ila de 2011 est superbe : de la bonne tourbe comme je l'aime.
Les produits Jean Boyer sont définitivement très bons : à ce stade du salon, c'est alors le seul où j'ai apprécié chaque dram. Les prix sont incroyablement bas et la qualité est au rendez-vous. Si je devais en retenir trois : je dirais le Linkwood, l'Auchroisk et le Caol Ila. Et la maison ayant été reprise récemment, tout laisse penser que de plus belles choses encore sont à venir.
- Armagnac L'Encantada : j'avais déjà vu passer le nom de cette maison, je m'y suis donc arrêté. Les deux fondateurs (?), deux mecs du sud-ouest très sympas m'ont fait découvrir une gamme bluffante. A l'instar de Grosperrin en Cognac, L'Encantada n'est pas producteur mais négociant. Le maître mot ? La qualité. Ils ne sont pas nécessairement à la recherche d'un domaine ou d'une année en particulier. Ce qui peut être déconcertant car il n'y aura pas vraiment d'unité en termes de profil et de saveurs. Leur seul moteur est la qualité et je dois dire que c'est très réussi.
On commence par un
1974 : c'est directement l'un des meilleurs Armagnac qu'il m'ait été donné goûter. Bon, il faut dire que je n'en ai goûté que quelques uns dans le passé, mais quand même, ça dépasse dans mes souvenirs le Darroze 50 ans. C'est du très, très haut niveau. Vraiment ce que je recherche dans un spiritueux. On continue avec un
1987 : le nez est, à mon sens, un peu moins beau que le précédent mais très belle bouche, dans un profil très différent. Le
1990 est pas mal aussi. Le
2004 est plus jeune et ça se sent, c'est plus fougueux dans ses bons côtés comme les mauvais.
Honnêtement, les prix qu'ils pratiquent (entre 50 et 150€) sont juste incroyables comparé à la qualité. J'en aurais bien acheté une de chaque (et même une caisse du 1974). Très, très belle découverte. L'un de mes coups de cœur du salon.
- Cognac Delamain : je m'y arrête un peu par hasard, je ne connais pas la maison et le commercial est seul. J'avais peur d'être déçu après l'excellence de la maison précédente et ses bruts de fut... mais finalement, grosse surprise. La maison est spécialisée dans les cognac de Grande Champagne et dans le XO, donc plutôt le haut de gamme a priori. Le
pale and dry, malgré ses 40%, est surprenant : un nez frais, à fond sur les pommes, la bouche étant dans la même lignée avec une explosion de fruits. Très, très bon. Le
Vesper est différent : on retrouve beaucoup plus les marqueurs d'un cognac : riche, généreux et pâtissier. Le
très vénéré se rapproche plus du premier avec ce côté pommes / frais sympa mais en plus élégant, plus classe. Ça a vieilli plus longtemps et ça se sent, une classe au-dessus. Après en termes de prix (de mémoire 80 pour le premier, 150 pour le deuxième et 300 pour le troisième), j'irais plus vers le premier. Le meilleur rapport qualité/prix à mon sens.
L'heure avançant, il est temps de passer à ce que je préfère dans le whisky (ce qui m'a fait tomber dedans aussi) : de la bonne grosse tourbe. Et pour ça quoi de mieux que...
- Bruichladdich : je n'avais étonnamment jamais goûté le
Laddie : c'est pas mal, c'est vraiment le profil que j'aime mais clairement pas exceptionnel. Vu le prix, c'est quand même un très honnête dram. Le
nouveau 10 ans : ahhh, là ça cause, un peu la même chose que le précèdent mais plus d’authenticité : une tourbe terreuse, un brin mentholé. Bref, ça c'est très bon. Le
2011 est un peu moins séduisant au nez mais la bouche est belle. La
nouvelle version 2018 barley offre quelque chose de différent, tant au nez qu'en bouche : plus porté sur le miel, le seigle, c'est original et très bon.
- Kilchoman : j'ai souvent entendu / lu sur cette récente distillerie sans jamais goûter. Je me dirige directement vers le
Loch Gorm : et WOW, c'est exactement ma came, très précisément ce que je recherche dans un whisky tourbé, le profil parfait. Intrinsèquement, ce n'est pas la meilleure bouteille de la journée mais c'est peut-être celle qui colle le plus avec mes goûts : tourbe grasse et généreuse, avec cette pointe de sherry pour sublimer le tout. On continue avec le
Machir Bay : un peu en-dessous forcément mais c'est très bon. J'ai moins aimé le
Sauternes en revanche. Le
Port Cask est très bon : les marqueurs d'une finition en porto, un peu à la manière de ce que j'ai dégusté plus tôt chez JB : c'est gourmand et riche. Une très belle bouteille.
- Octomore : 18 heures approchant, c'est le moment de retourner chez Bruichladdich pour la dégustation du 9.1 et 9.3. Bien évidemment c'est la cohue, je me retrouve d'ailleurs par hasard à côté de LsR, le verre en l'air à essayer de grappiller quelques gouttes, la serveuse devant monter sur le bar pour nous servir. Le
9.1. est objectivement très bien fait mais c'est peut-être un peu décevant par rapport à l'attente. Le
9.3. en revanche est fou : de la tourbe fraîche, de la menthe fraîchement ciselé. Wow. Très bon ça encore.
- Mackmyra : la fameuse distillerie suédoise qui monte. Passons sur le discours commercial sur l'authenticité, le 100% suédois, etc et voyons ce que ça a dans le ventre. Très agréablement surpris par le
Svensk esk, meilleur à mon sens que
l'édition limitée (quelquechose-uvguld), qui est en tout cas moins facile d'accès, moins direct, plus classique, sur le miel. Le
Wintzglod est super original, un des trucs les plus originaux de la journée, c'est super, de la tourbe légère et fine. Top.
L'édition limitée en tourbe est plus classique et pour le coup moins intéressante.
Une distillerie intéressante à suivre, j'ai préféré les versions "classiques" par l'originalité qu'elles offrent.
- Compass box : le
spaniard est superbe, rond et riche. Le
spice tree est moins séduisant à mon goût, en tout cas au nez car la bouche est bonne, et la finale est encore meilleure, "spicy" justement. Le
Flaming heart est pas mal, une légère tourbe, et le
Peat est assez classique. Le spaniard restera mon préféré.
Et pour finir un petit
Balblair 1991 : c'est bon et classe.
Vous noterez que mon enthousiasme est allé croissant au fil des dégustations.

J'ai la faiblesse de penser que j'ai quand même su garder une certaine lucidité, comme en témoigne le fait que, même à la fin, j'ai été plus enthousiasmé par certains trucs que d'autres et que tout ne me paraissait pas génial.
J'y retourne l'an prochain !