canis lupus a écrit :Vu aussi Les 8 Salopards hier. J'avais lu quelques critiques assez négatives décrivant ce film comme une grande partie de parlotte suivit d'une brusque séance de tir au pigeon, et donc que c'était extrêmement décevant de la part de Tarantino. Et c'est pas tout à fait faux, du moins pour le découpage en 2 parties de ce film, mais certainement pas pour la conclusion. Il est vrai que les premiers 3/4 du film sont consacrés à des dialogues, et à l'entrée en lisse progressive d"une grande partie des principaux protagonistes. Mais que ces dialogues peuvent être truculents et jouissifs. Les échanges verbaux mitraillent comme une Gatling et cinglent comme un règlement de compte à OK Coral. Samuel L Jackson est au moins aussi excellent, caustique et corrosif que fans Django Unchained, et mon inquiétude des premières secondes de ne pas voir le généralissime Christoph Waltz a complètement disparu dès les premiers mots de Kurt Russel.
Ces deux là se livrent à un véritable festival. Le tout rythmé par les interventions piquantes du punchingball maso Jennifer Jason Leigh (qui au passage n'a pas été épargnée par le temps, même si le rôle ne fait rien pour l'arranger).
Rien que ça justifierai l'intérêt de ce film, mais alors quand Tim Roth et Michael Madsen entrent dans la danse, c'est tout un paquet de cerise sur un gâteau déjà excellent.
Je trouve que réduire la deuxième partie à une simple tuerie est également injustifié, tant la qualité des dialogues perdurent entre (pendant) les tirs.
Si on ajoute des paysages grandioses et sauvages et la musique de Morricone (même si ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux), vous comprendrez qu'on passe un excellent moment, et que c'est bien un Tarantino digne de ce nom.
Je privilégie par gout le cinéma d'action, le grand spectacle, aux films intimistes, ou le blabla est roi, mais ici, ce sont les dialogues qui sont l'action. Dans un tout autre style, c'est comme l'effet que les dialogues de Michel Audiard pouvait avoir. Et à la limite, je trouve que dés lors que les flingues commencent à s'exprimer, ça devient peut-être un peu trop gore, et que ça ressemble plus à du Rodriguez qu'à du Tarantino.
J'ai toujours eu du mal avec ces premiers films -avis toujours mitigé sur Pulp Fiction même après plusieurs visionnages, et jamais pu regarder Reservoir Dog ou Jackie Brown entièrement- mais depuis les Kill Bill, c'est un sans faute. Je crois qu'en fait depuis Sergio Léone période western, personne n'a jamais su aussi bien mettre à l'écran les pires ordures, les pires détraqués que Tarantino.
Plutôt de ton avis, un peu mou de prime abord, la mise en place dure au moins les 2/3 (voire 3/4) du film, sur 2h45 c'est quelque chose... Mais l'ambiance est terrible, la musique, les décors, les personnages, les costumes, les dialogues, puis tout s’accélère et on se sent un peu consolé du manque de la première grosse partie.
En revanche, je suis fan absolu du triptyque Reservoir dogs/Pulp fiction/Jackie Brown qui pour moi reste toujours indétrôné !
En dehors de ça, j'ai enfin vu Wiplash, vraiment puissant !
