Ce soir, c'était ...

Il y a mille et une façons de boire le whisky. Comment préférez-vous boire le votre?

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canis lupus
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Re: Ce soir, c'était ...

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Hop, une autre fournée de dépucelage de samples.

Comme toujours, le starter:
- Connemara 40%, code L7155.

Pi après, on passe aux trucs de bonhommes.
- Caol Ila Elements Of Islay Cl12 07yo 57.5%, 2011-2019, 2 refill sherry butts, 1901 bottles.
- Port Charlotte Elements Of Islay Pl5 9yo 63.1%, 2009-2018, Refill Hogshead + 1st Fill Barrel, 582 bottles.
- Whistle Pig 10yo 57.9%.
- Bunnahabhain Elements Of Islay Bn7 16yo 55.7% , 2001-2018, 2 oloroso sherry butts, 1620 bottles.
- Bowmore Cadenhead 17yo 54.2%, 2001-25/05/2018, Hogshead, Mlats Festival.
- Laphroaig Elements Of Islay Lp9 20yo 54.3%, 1998-2018, Pedro Ximénez Sherry Butt, 714 bottles.
- Balblair G&MP Connoisseurs Choice 24yo 51.6%, 1993-24/02/2018, first fill sherry puncheon, 624 bottles.
- Highland Park Cadenhead Warehouse Tasting 25yo 59.8%, 1992-2018, barrel.
- Cooley Cadenhead 26yo 52.3%, 1992-2018, bourbon, barrel, 186 bottles.
- Caol Ila Cadenhead small batch 32yo 52.9%, 1984-2016, bourbon hogshead, 234 bottles, 10years The Nectar.
- Inchmurrin Edition Spirits The First Editions 32yo 46.5%, 1984-2017, Refill HogsheadHL #13363, 101 bottles.
- Caol Ila Cadenhead Authentic Collection 36yo 54.4%, 1982-Winter 2018, Bourbon Hogshead, 120 bottles.

On démarre donc avec le Connemara. J'ai toujours trouvé que ce petit Irish tourbé ne méritait pas la mauvaise réputation qu'on lui fait. Bien sur, c'est un petit daily dram, rien de plus, mais je trouve ça hyper homogène et équilibré. Pas la moindre once de complexité la dedans. C'est moelleux comme seuls les Irish savent l'être, avec une tourbe toute douce. Dangereusement buvable, le genre de quille que tu torpilles ne une soirée avec des postes sans t'en rendre compte. Pi j'aime bien de temps en temps exhumer du fin fond de mes étagères les whiskys de mes tout débuts, et constaté qu'ils sont loin d'être fanés.

Le Cl12 démarre sur tourbe sur le foin coupé, l'herbe sèche.Il agace bien le nez. Signe d'un alcool mal intégré ? Une très grande fraîcheur, limite le pif dans le congel'. Mentholé, sur le Ricqlès. Mais trop de fraîcheur et d'alcool rendent ce nez quasiment agressif. On sent bien la jeunesse. En bouche, l'attaque est grasse, au point que ça couvre un peu tout. L'impression d'avoir une cuillère d'huile dans la bouche. Mais de l'huile assez brutalement tourbé. et assez vite, l'alcool arrive, c'est la charge de la cavalerie, la déferlante, que dis-je, le tsunami.C'en est presque violent. Au moment de la déglutition, au tout début de la final, je me prend un violent kick de tourbe amère qui me fait frissonner et me met le feu à la tuyauterie interne.La deuxième gorgée se passe un peu mieux, vu que la première m'a bien insensibilisé.L'ajout d'eau calme un peu le nez et la bouche, mais pas vraiment la finale. On est pas face à un whisky rock n'roll, on se fait pogoter par un single malt punk. Bon allez, c'est plus rigolo que désagréable. L’antithèse absolu du Connemara.

Le Pl5 ne me semble pas de prime abord beaucoup plus sage. On a brièvement un soupçon fermier au début, mais qui vient très vite se faire pilonner par la même note de fraîcheur mentholée que la Cl12. Bon, l'alcool agasse beaucoup moins quand même. Un soupçon de poivre vert ? En bouche, c'est très difficile à cerner, coincé par l'alcool. La finale n'est pas tellement plus bavarde, mais je prend un deuxième coup de napalm dans l’estomac.Je vais finir par me rendre malade à ce rythme là. L'ajout d'eau amène une iodée, presque de l'huitre au nez, ça devient végétal, sur la tige de fleur fraichement coupée, le concombre, et une sympathique petite note aigrelette.Sans aller jusqu'à aviver la bouche, ça ramène quand même quelques saveurs qui pilote une final sur la wasabi doux. Bah, avec de l'eau, c'est franchement intéressant.

On change radicalement d'univers avec le Whistle Pig. Ouuuuh la vache, cette sublime note de vernis cellulosique dès la premier nez, qui se poursuit par de la confiture de rose, du bois de santal. Ce Rye tutoie déjà les plus beaux single grain que j'ai jamais goûté, le coco en moins. Ça se poursuit avec de très gourmande notes de génoise, et même de financier. en bouche, 'ya quand même des watts. Plus que ne le laissait supposer le nez.L’alcool est moyennement intégré, ça envoie, quand même. Et surtout, on est brutalement ramené dans l'univers du Rye, à fond sur le épices amères. C'est franchement en désaccord avec le nez. La finale fait le lien en se trouvant à mi-chemin entre l'univers du nez et celui de la bouche. L'eau affaiblit un peu la concentration du nez mais amène de très jolies notes florales et d’écorce d'orange sanguine. A défaut de nouvelles saveur, l'eau y gagne beaucoup en équilibre. Et la finale est bien plus harmonieuse.

On retourne sur Islay et on change de catégorie d'âge avec le Bn7. Normalement, Bunnah et sherry, ça matche. Mais là, je me retrouve face à un nez qui ne raconte pas grand chose. J'ai beau secouer le verre pour l'aérer, ça reste très discret. Bizarre, pourtant, l'Oloroso, ça cause normalement, ça a même tendance à écraser le distillat. Et c'est même pas des refill. En bouche, on retrouve ce même caractère hyper fondu, qui échappe complètement à l’analyse. Avec le temps, la boche se réveille un peu sur le sherry. Pi en plus, il est très mauvais nageur. C'est pas tellement que ce ne soit pas bon, mais l'impression globale est un peu bancale avec la perception d'un daily dram tout simple, limite whisky de gms, mais avec l'impression que c'est un peu âgé.

On reste sur Islay avec le Bowmore. Le fut de hogshead, c'est le fut zebulon, c'est constitué de tout et n'importe quoi, et donc ça peut avoir des influences très diverses. La tourbe est bien présente mais ce prend pas le dessus sur le reste. Le reste qui est tout en douceur. Ca manque quand même d’énergie, c'est bien mou tout ça. Mais ou sont passés les 54% ? en bouche, on garde également ce côte mou du genoux. On croirait un whisky dilué. Seule une impression de concentration rappelle que ce n'est pas le cas. Et en plus, l'aue lui fait plus de mal que de bien.

On reste toujours dans la même région avec le Lp9. Là, on se retrouve en terrain connu. Un classique peaty sherry bien équilibré entre ces deux composantes. C'est pareil en bouche, hyper classique dans le thème, mais plutôt bien maîtrisé. Un classique, presque un archétype.

On quitte (enfin ?) Islay avec le Balblair. La robe et le nez ne laissent aucun doute, on est bien dans l'univers du sherry. J'aime bien les Balblair âgés, car généralement, ils développent de gourmande notes de fruits exotiques. Oui, mais ça, c'est parce que souvent, ils ont vieillis en fut de bourbon. Là, les fruits exotiques, faut vraiment allez les chercher derrière le mur de sherry. Et encore, les trouve-t-on vraiment ? En bouche, c'est pareil, c'est un sherry qui pourrait sortir de pleins de distilleries. La bouche se termine sur note astringente qui se prolonge dans la finale. L'eau n'est pas d'une grande aide. Nan, le distillat Balblair est trop fin, trop délicat pour résister à un fut de sherry.

On repart sur une ile, mais c'est au tour d'Orkney avec le HP. Hum, HP en fut de bourbon, j'en ai pas rencontré un seul qui me plaise, il me semble. Le nez est bancale, on ne voit pas trop ou il veut aller. Y'a une sorte de fraîcheur, mais c'est une fraîcheur vide. Peut-être un peu de sel ? Légèrement floral, ça ne raconte pas grand chose. Mais ou sont mon miel et ma bruyère la dedans ? Ah, en bouche, y'en a du miel t de l bruyère. pour autant, je ne devinerais jamais un HP en blind. La finale amène un twist alcooleux avec quelque chose qui évoque vaguement les fruits exotiques, mais en mode austère old school. Bon, ben c'est lui qui va me convaincre que HP puisse marcher en fut de bourbon.

On change de nouveau d'ile pour l'Irlande (mais l'Irlande est-elle une ile ?) avec le Cooley. Pas aussi exotique que j'attendais. Une sorte d'exotique végétal, ou c'est le végétal qui prend largement le dessus. Floral aussi, comme un pot pourri qui ne serait pas capiteux. En bouche, c'est un peu pareil qui finit sur une espèce de twist alcooleux amère, ou le fruit exotique apparait enfin, mais brutalement de façon hyper austère, sec comme un coup de trique. L'eau le rend plus facile et ravive un peu les fruits exotiques, mais vraiment qu'un peu.

On retourne sur Islay (décidément) avec le Caol Ila. Aaaaaahhh, ces vieux Caol Ila des 80's, avec ce nez tout en fruits sous tendus par uen tourbe douce typique Caol Ila. Les fruits s’expriment un peu sur le sorbet ou le coulis de fraise, puis vient s'ajouter doucement une note, typique elle aussi, de cendre. Un peu de barbapapa. La bouche est à l'avenant, sur cette même douceur fruitée, légèrement cendrée. Pas hyper comple en regard de l'âge, mais c'est vraiment très bien fait.

On repart sur le mainland avec l'Inchmurrin. Bon, ben je crois que je n'aurais décidément pas ma note exotique gourmande ce soir. Le nez est très malté, sur la mie de pain, et la croute de pain rassi. Une sorte de note végétale sur l’angélique confite. Une note pâtissière sur la pâte crue. légèrement crayeux. De la brioche, un peu, ou plutôt du pain au lait ou du pain viennois, je sais jamais les différencier. C'est tout sauf gourmand. La bouche est (malheureusement ?) dans la ligne du nez. L'eau ne change rien.

Et on finit, devinez ou ? Sur Islay bien sur, avec le dernier Caol ila. Aaaaaahhh, ces vieux Caol Ila des 80's, avec ce nez tout en fruits sous tendus par une tourbe douce typique Caol Ila (tient, j'aurais déjà lu ça quelques part ?). on est vraiment proche du 32yo 84. Toutefois, ici, les fruits sont moins évident. On est plus sur la croute de pain, on est plus malté. Plus floral aussi, su un pot pourri subtil. Pas de cendre par contre. La bouche est également plus raide, plus sèche, plus austère, presque agressive, teinté d'amertume. Bien moins harmonieux et plaisant que le 84. Plus de tourbe en fin de bouche et en finale.


Les étiquettes de ce set promettaient du rêve, mais au final, je ne me suis pas fait tant plaisir que ça.
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Je mange trop gras, trop sucré, trop salé, mais qu'est-ce que je me régale !
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Re: Ce soir, c'était ...

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Il m’avait vachement plus aussi ce whistle Pig.
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https://www.whiskybase.com/profile/jnpons/collection

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jazza
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Re: Ce soir, c'était ...

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jnpons a écrit : 01 avr. 2020, 23:50
jazza a écrit : 01 avr. 2020, 23:09 Bon dans le trip grosse tuerie, je me suis fait mon premier baptême Littmill de ma vie avec entre autre ce petit là : https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ll-1990-ca

Ouch, c'est quelque chose quand même ! Merci Jnpons de m'en avoir cédé 2cl :obscene-drinkingcheers:
Alors tu as aimé ?

Magnifique ! Avec des notes que je n'avais jamais expérimenté encore, superbe. Et puis tout y est, nez, bouche, finale.

J'en aurais bien mis une bouteille dans ma cave.
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Jean-Michel
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Re: Ce soir, c'était ...

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WindBreizheur a écrit : 25 mars 2020, 15:11 A titre perso j'ai ça à 96
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... fino-casks

ça à 94
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... la-1967-dd

ça à 93 sur un embouteillage de la fin des 80's
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... 5-year-old

J'en ai une vingtaine d'autre entre 92 et 95, mais ceux sont ceux qui m'ont le plus marqué. Et en tant que fan total de Glenfarclas, le 1966 Fino va être dur à détrôner dans mon classement. Ou alors il faudrait que j'ai accès à des Laph Bonfanti, des Springbank et Bowmore Samaroli, des Clynelish Giaccone haha
Très bon, le Astral Hits ! 1967 est clairement l'année Strathisla.
Et ce Springbanck 15yo, c'est une bombe atomique exotique d'une incroyable finesse.

Parmi mes plus grandes émotions, je citerai également le Glenfarclas 21yo Pinerolo pour Edward Giaccone. A pleurer de bonheur, et l'occasion, avec Dede, de faire un joli face to face avec le premier Glenfarclas 1968 de Luc, qui en l'occurrence s'était fait défoncer (manquait peut-être de 30 ans de bouteille :) ).
La capsule métallique du Giaccone s'était démantibulée à l'ouverture, mais heureusement, on m'avait offert peu de temps avant un petit lot de 20cl de production de Bielle dont les capsules étaient parfaitement compatibles.
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Re: Ce soir, c'était ...

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dede a écrit : 28 mars 2020, 12:15 Le PE 2nd release ! La première bouteille d'exception que je me suis offerte. Payée 200€ chez mon caviste en 2006, une putain de somme à l'époque ! (en plus mon caviste était cher). Et je ne peux que confirmer : l'eau lui fait le plus grand bien, comme d'ailleurs à la plupart des official releases que j'ai pu goûter qui sont souvent alcooleux.
Effectivement, ton caviste était cher : J'avais payé la mienne 180.00€ chez Bacquié, qui fait aussi brûlerie de café, et qui est plus connu pour fournir les bonnes bourgeoises Toulousaines en petites choses plus ou moins rares facturées sans ménagement ("Epicerie fine", ça s'appelle), que pour pratiquer des tarifs doux sur son petit rayon spiritueux. D'ailleurs, ça faisait bien longtemps que je voyais cette bouteille prendre la poussière au dernier étage de ses étagères, là où les commerçants disposent la plupart du temps les produits qu'ils ne tiennent pas trop à vendre, et qui sont étiquetés en conséquence. Et 180.00€, ravissait le titre de bouteille la plus coûteuse de ma collection au Rosebank 20yo Rare Malts, acquise peu de temps auparavant.
C'est pas le plus facile des Port Ellen. Très sec et très citronné, salé plus que tourbé, je trouve, et plus couloir d'hôpital que côte maritime. Le 10th edition est plus aimable.
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par jnpons »

Putain dire que j’ai loupé ça.....
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par juju cassoulet »

Un petit PE à 180€ chez Bacquié, ca en évoque des choses...
Je crois que j'ai fais le tour du sujet
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par Jean-Michel »

Von Barton a écrit : 28 mars 2020, 12:56 Enfin tout ça pour dire que je comprends que tu sois passé à côté de bouteilles aujourd’hui considérées comme des tueries, collector, etc... et comment meme voulais tu a l’époque savoir que telle bouteille deviendrait un st graal pour nous tous ?
En l'occurrence, les PE étaient déjà des Graal. Seulement, c'étaient des Graal qui, quoique chers, restaient abordables. Pour faire simple, l'échelle des prix était plus ramassée. Aujourd'hui, une bouteille d'entrée de gamme se paie 50.00€ et un PE 2nd edition sortirait à plus de 1000.00€. A l'époque, les sorties les plus chères étaient, je pense, les séries de Bowmore 196x, que l'on trouvait rarement à moins de 400.00€. Donc en gros, l'entrée de gamme a pris 30%, pendant que le haut de gamme décuplait...
Von Barton a écrit : 28 mars 2020, 12:56 Et comment pouvons nous savoir aujourd’hui, lesquels des sorties actuelles seront des st graal demain ?
Eh oui... On ne sait pas... C'est pour ça qu'il n'est pas idiot, dans tous les cas, de s'astreindre à n'acheter que des trucs qu'on pense avoir une chance d'aimer, tout simplement.
Von Barton a écrit : 28 mars 2020, 12:56 Jean Michel a par exemple stocké un carton de 6 quilles de Cl10 de chez Elements of Islay pour les faire
« vieillir » d’une ou deux décennies ( il en avait parlé sur le forum, donc je me permets de prendre l’exemple, j’espere que ça ne le dérangera pas ).
Comment savoir si ces Cl10 ne seront pas en 2040 l’équivalent de ce qu’est un Bowmore Bicentennary aujourd’hui ? Peut être que oui, mais peut être que non... mais qui peut savoir ?
:lol: C'est tout ce que je me souhaite, mais je n'y crois pas trop ! Je doute que ce Cl10 ne se transforme en Manager's Dram 15yo (encore une bouteille sublime).
Caol Ila est la première distillerie dont j'ai acheté la production de façon compulsive, avant d'accumuler des Caperdo 72, Glengoyne 72, Strath 67, Glen Grant 67 et 72, et quelques autres... Cl10 est plutôt bon, mais il y'a des tas de CI d'âge équivalents sortis récemment que je lui ai préférés. Seulement, le Cl10 n'était pas cher, alors s'il perd avec le temps la petite note "rooty" qui me dérange, on aura tout gagné, pour un risque financier minimum.
Von Barton a écrit : 28 mars 2020, 12:56 Le Lagavulin 16yo s’achetait il différemment en sa période « white Horse », de la façon dont on l’achète aujourd’hui ? et je ne parle pas du circuit de distribution Grande surface vs caviste, mais bien de l’etat d’esprit dans lequel tu es au moment où tu l’achète, ainsi qu’ai moment où tu le bois.
Gérard m’en avait parlé au retour du Witch, que dans ses débuts dans l’univers du whisky, ces Laga 16 se buvaient par bouteilles entières lors d’une soirée entre amis...
Une règle de base : Gérard a toujours raison.
Dans les caves Toulousaines, au début des années 90, le choix en Single Malts était assez serré. Jean Boyer était bien représenté, mais si tu voulais partir sur un OB "haut de gamme", tu tournais entre Laph 10 (200/220FF) Talisker 10 (220/240 FF), Laga16 (260/280FF), et Clynelish Flore & Fauna (le plus cher de tous, 300/320FF). Plus rarement Cragganmore 12 et Macallan 12.
Laga16, donc, ça restait un malt cher pour un ingénieur débutant, clairement positionné "haut de gamme" en cave (ça ne se trouvait pas en grande surface), mais on n'hésitait pas à s'offrir ce petit plaisir de temps à autre. Je ne sais pas quand Port Ellen a remplacé White Horse, mais je ne m'en souciais pas, soit que de toutes façons une seule version était disponible, soit que j'étais ignorant de la chose.
Tout a changé avec le développement de plusieurs IB de qualité, proposant des embouteillages plus pointus, à la disponibilité favorisée par Internet et par l'apparition d'une nouvelle génération de cavistes passionnés soucieux de se démarquer des offres standardisées de leurs confrères.
Dans le même temps, l'offre haut de gamme standardisée des cavistes conventionnels partait rejoindre les rayons des supermarchés, si bien que Laph 10, Talisker 10, Laga 16, Glenkinchie 10... ont vu leur statut basculer de haut de gamme à daily dram, et pour des tarifs qui ont finalement traversé les années sans trop d'inflation.
Von Barton a écrit : 28 mars 2020, 12:56 Alors qui nous dit que dans 30 ans, les Laga 16 « Port Ellen Label » ( les actuels quoi ), ne seront pas, alors qu’un nouveau Laga 16 avec une nouvelle étiquette ( rose ? :think: :lol: ) aura pris la place, ce que les white horse sont aujourd’hui ?
Ca sera forcément le cas un jour ou l'autre. Il ne sera pas meilleur pour autant, mais comme il ne sera plus disponible, et comme il est très bon, on sera content de pouvoir en retrouver ici et là, quitte à devoir le payer plus cher. C'est exactement ce qu'il s'est passé avec l'avant dernière génération de Laga 15yo, qui se vendait ~40€ en déstockage, et qui aujourd'hui se négocie plutôt le triple. Pas de quoi en faire une légende au même titre qu'un Glenfarclas 21yo Pinerolo ou qu'un Caol Ila Manager's Dram, mais suffisamment pour en faire une bouteille relativement recherchée, d'autant que c'était un embouteillage conçu pour être bu, pas pour être stocké...
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Re: Ce soir, c'était ...

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dede a écrit : 30 mars 2020, 16:27 Ballindalloch 1966 : https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ch-1966-jw
Le nez est splendide, plein de vieux bois, de cuir, chocolat et autres fruits secs. Un très beau vieux sherry. La bouche et la finale sont déjà trop boisés pour moi, mais les amateurs s'y retrouveront. 90/100 pour le nez.
Je savais qu'il y'en avait un troisième, de vieux Glenfarclas, associé au Pinerolo et à celui de Luc :)
Un peu trop de bois dans celui-ci, effectivement.
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Re: Ce soir, c'était ...

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Totalement d'accord !

Mine de rien, nos lobjectifs sont pour beaucoup de vieux Daily Dram sur lesquels on pari un peu d'OBE... typiquement en ce moment je suis entrain de me construire un stock de Glenfarclas 5yo, 8yo, 8yo 105 proof and co des 1970's.
je suis entrain de me tripper aussi à essayer de choper un max de millésime des petits Glen Grant 5yo ! ça se trouve encore pas cher, et quel plaisir ces petits trucs !
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par elskling »

Jean-Michel a écrit : 02 avr. 2020, 09:22
Parmi mes plus grandes émotions, je citerai également le Glenfarclas 21yo Pinerolo pour Edward Giaccone. A pleurer de bonheur, et l'occasion, avec Dede, de faire un joli face to face avec le premier Glenfarclas 1968 de Luc, qui en l'occurrence s'était fait défoncer (manquait peut-être de 30 ans de bouteille :) ).
La capsule métallique du Giaccone s'était démantibulée à l'ouverture, mais heureusement, on m'avait offert peu de temps avant un petit lot de 20cl de production de Bielle dont les capsules étaient parfaitement compatibles.

Ouch! Je n'ai pour ma part jamais eu de problème sur des capsules à vis (à part sur un très vieux rhum des années 50) - c'est étonnant, car ce type de fermeture m'avait toujours paru très fiable. Et justement sur cette bouteille là, t'as pas eu de chance...
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Re: Ce soir, c'était ...

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Jean-Michel a écrit : 02 avr. 2020, 11:09Une règle de base : Gérard a toujours raison.
:obscene-drinkingcheers:
Jean-Michel a écrit : 02 avr. 2020, 11:09Laga16, donc, ça restait un malt cher pour un ingénieur débutant, clairement positionné "haut de gamme" en cave (ça ne se trouvait pas en grande surface), ...
Dès 1990 la série des Classic Malts (de même que Macallan 12 et 18) a été largement présents dans les rayons de GMS au Luxembourg. C'est peut-être pour cette raison qu'on en buvait plus par chez nous.
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par Savoureur »

WindBreizheur a écrit : 02 avr. 2020, 11:28... je suis entrain de me construire un stock de Glenfarclas 5yo, 8yo, 8yo 105 proof and co des 1970's.
une collection de liquides à l'arôme de tartellettes à la crème. C'est la meilleure manière de se faire plaisir lors du dessert :mrgreen:
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par Savoureur »

elskling a écrit : 02 avr. 2020, 12:33
Jean-Michel a écrit : 02 avr. 2020, 09:22
Parmi mes plus grandes émotions, je citerai également le Glenfarclas 21yo Pinerolo pour Edward Giaccone. A pleurer de bonheur, et l'occasion, avec Dede, de faire un joli face to face avec le premier Glenfarclas 1968 de Luc, qui en l'occurrence s'était fait défoncer (manquait peut-être de 30 ans de bouteille :) ).
La capsule métallique du Giaccone s'était démantibulée à l'ouverture, mais heureusement, on m'avait offert peu de temps avant un petit lot de 20cl de production de Bielle dont les capsules étaient parfaitement compatibles.

Ouch! Je n'ai pour ma part jamais eu de problème sur des capsules à vis (à part sur un très vieux rhum des années 50) - c'est étonnant, car ce type de fermeture m'avait toujours paru très fiable. Et justement sur cette bouteille là, t'as pas eu de chance...
Perso une fois sur un Millburn Yellow Brick Label (https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... n-1966-ses). On était content que qqn avait un Leatherman pour ouvrir la bouteille. Et tout aussi content qu'un autre avait amené du vin pour avoir un bouchon pour refermer le Millburn.
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dede
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Re: Ce soir, c'était ...

Message non lu par dede »

Hier soir, ce fut un Ardbeg Perpetuum. En gros, on dirait un Ten, mais en plus gras et vanillé. Ca se laisse mieux boire que certaines notes ne le laissent entendre, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus.
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