Je viens de passer le set que j'avais prévu hier soir.
Comme toujours, faut un starter. J'ai fait de l'archéologie dans ma collection pour exhumer une bouteille de mes tous tous débuts, sur laquelle je 'étais pas revenu depuis peut-être bien 10 ans:
- Glenfarclas Heritage Vintage 1995 45%, code L060906 31121BB.
Puis on attaque les choses sérieuses:
- Ardbeg Supernova Comitee Release 53.8%, 2019.
- Ardmore Asta Morris 5yo 56.4%, 2013-2019, sherry cask #AM034, 211 bottles.
- Ledaig G&MP Connoisseurs Choice black label 6yo 70 proof, 1972.
- Dufftown Pure Malt 8yo 40%, 1980's.
- Benriach 10yo 58.5%, 10/05/2007-2018, Oloroso Sherry Butt #3236, 615 bottles.
- Bladnoch Intertrade 13yo 55%, 27/01/1975-12/07/1988.
- Ballechin 15yo 55%, 02/05/2003-01/04/2019, Refill Sherry Butt #204, 482 bottles, for The Whisky Exchange 20th Anniversary.
- Talisker Glenscoma 15yo 55.8%, 08/1988-12/2003, #1819, 305 bottles.
- Ardbeg Traigh Bhan 19yo 49.2%, 2000-2019, American Oak and Oloroso Sherry Casks.
- Jane Doe MoS 17yo 48.2%, 1989-2016, Caribbean Rum Cask Finish #MoS 16044, 159 bottles.
- Benriach 40yo 53%, 1975-2016, sherry butt #7028, 511 bottles.
- Strathisla G&MP 40yo 50%, 1967-2007, #6112, LMDW.
Le
Glenfarclas n'est pas si mal compte tenu de son faible pedigree. Un nez bien sherry, mais très soft, sur le tabac et le cuir. La bouche est dans le plongement mais quand même assez faible.
Le
Supernova ne déroge pas du souvenir que j'avais gardé de ses ainés. Juste un gros paquet de tourbe dénué de finesse ou de complexité et ... pas grand chose d'autre. Et côté sucre de betterave en bouche qu'on retrouve malheureusement souvent dans leurs dernières productions.
L'
Ardmore est assez étonnant pour la distillerie. Une tourbe bien maitrisée, pas du tout sur la ferme, et du tabac et du cuir. Un peu massif, mais vraiment pas mal du tout.
Le
Ledaig a un nez vraiment beau, un tourbe fine et ciselée et des fruits pommadés, des nèfles, un joli OBE. Malheureusement la bouche est bien faible en comparaison donnant presque l'impression d'une dilution un peu trop marquée.
Le
Dufftown à un nez curieux, qui oscille entre la tomate séchée (façon vieux Glenfarclas) et les fruits exotiques, la bouche est bien moins faible que ne laissait craindre ses 40%.
Le
Benriach 2007 est exactement ce qu'annonce son étiquette: la douceur de Benriach associé dans un bel équilibre au sherry. Chocolat et fruits compotés très subtilement acidulés.
Le
Baldnoch nous fait franchir un cap qualitatif, voire même plusieurs. Un nez à fond sur les fruits exotiques, mais façon confiture, ou chutney. C'est très pâtissier également et tout autant gourmand que classieux et raffiné. Pot pourri. La bouche est un peu déséquilibrée et austère sur l'alcool, alors que la finale rejoint le nez. Quelques gouttes d'eau affaiblissent un peu le nez mais rééquilibrent la bouche. Une certaine amertume pointe, un peu sur l'herbacé, mais de façon contenu. Un whisky un peu sauvage, mais très beau.
Le
Ballechin a un nez plutôt sympa, bien peat & sherry. La tourbe est présente mais pas envahissante. Il faut dire que le sherry ne s'en laisse pas compter. Mais plutôt que de s'opposer, ces deux composantes s'équilibrent et se fondent. Un peu de tabac froid et de cendre.Et même un côté fermier avec le temps. Du cacao aussi. De la croûte de pain rassi. Une certaine fraîcheur. Un peu de fruit rouge. L'attaque en bouche est dans le prolongement du nez, mai passé la première seconde, on a une vilaine vague de cramé, comme du caramel cheap oublié sur le feu, mâtiné de réglisse en branche, qui vient tout gâcher. Et ce n'est pas l'eau qui vient améliorer les choses. Dommage, le nez était très prometteur.
Le
Talisker est typique de la distillerie, avec une belle fraîcheur mentholée. Il rappelle le 57th North. La bouche est en parfaite ligne du nez. Ça n'a aucune complexité, mais c'est hyper bien foutu. Avec la petite pointe de poivre vert en finale.
L'
Ardbeg Traigh Bhan a un nez assez fin, avec une tourbe plutôt délicate et herbacée. Une belle fraicheur mentholée. On dirait un Talisker. Chouette ce truc.
Le
Jane Doe est un peu décevant. J'en attendais beaucoup plus d'après ce qu'on m'en avait dit. C'est très fin et délicat, suave, presque doucereux. On sent bien qu'il veut aller vers l'exotisme comme les autres Irish de cette époque et de cet âge, mais c'est comme s'il avait les reins brisés, il n’arrive pas à concrétiser son ambition. On pourrait presque croire qu'il a été assommé par une dilution excessive alors que je suis presque sur que ce n'est pas le cas. Mince, je suis bien déçu, là, moi qui envisageait de l'acheter.
Le
Benriach 75 est d'une grande finesse. Il faut lui laisser le temps de s'ouvrir et il dévoile de belles notes fruitées, mais toujours dans la délicatesse. On est aux antipodes des grands millésime 76 en mode exotic bomb. En bouche, le combo tourbe/exotisme est beaucoup plus évident, bien que teinté d'amertume et peu généreux. Très bon, mais un peu trop austère, trop old school pour moi. Et pour un malt de cet age, l'alcool n'est pas si bien intégré que ça. Très mauvais nageur en plus.
Et on finit donc avec le
Strathisla. Le nez est très beau, comme seul les vieux grands malts savent l'être. D'un grand raffinement et élégance.De belles notes suavement fruitées. Le bouche est grasse et dans le prolongement. Belle finale également. Mériterait sans doute plus de temps pour en exploiter la quintessence.
Au final, un joli set, mais ... j'en attendais plus à la lecture des étiquettes.